Fréquence Juive Magazine

Sujet d’actualité intemporel qui concerne une population sans limites d’âge, l’addiction se caractérise par l’incapacité répétée de contrôler un comportement ou une consommation de substances mais également la poursuite de ce comportement en dépit de la connaissance et de ses conséquences négatives.
Le terme addictologie est souvent emprunté à des fins ubuesques. Nous savons aujourd’hui, qu’il s’agit d’une maladie neurobiologique reconnue dans nos hôpitaux, dans des services spécialisés, où les patients reçoivent un vrai traitement.
Sarah, psychiatre addictologue à l’hôpital Paul-Brousse AP-HP à Paris, nous parle aujourd’hui de cette perte de contrôle et des dommages que cela engendre.
A timeless current topic that concerns a population without age limits, addiction is characterized by the repeated inability to control a behavior or the consumption of substances but also the continuation of this behavior despite knowledge and its negative consequences.
The term addictology is often borrowed for ubiquitous purposes. We know today that it is a recognized neurobiological disease in our hospitals, in specialized services, where patients receive real treatment.
Sarah, an addiction psychiatrist at the Paul-Brousse AP-HP hospital in Paris, talks to us today about this loss of control and the damage it causes.


Fréquence Juive : « Comment savoir si une personne est addict ? Quand parler de maladie ? »

Sarah : « Le terme addiction est banalisé et est utilisé dans des chansons, en marketing pour vendre de la nourriture ou dans la vie de tous les jours, alors qu’il s’agit d’une réelle maladie. Il s’agit d’une jeune discipline reconnue mondialement sous le terme addiction depuis plus d’une vingtaine d’années. Cette discipline souffre de l’image de cette maladie qui est souvent vue comme un vice, un coté pervers, un défaut ou un manque de volonté. Bien sûr les premières consommations sont volontaires et à un âge plus ou moins jeune selon les personnes, mais lorsque s’installe la maladie il y a une perte de contrôle, c’est-à-dire que malgré la volonté, la personne est incapable de ne pas consommer quand elle le décide.
Frequence Juive : "How do you know if someone is an addict? When to talk about illness? »

Sarah: "The term addiction is trivialized and is used in songs, in marketing to sell food or in everyday life, when it is a real disease. It is a young discipline recognized worldwide under the term addiction for more than twenty years. This discipline suffers from the image of this disease which is often seen as a vice, a perverse side, a defect or a lack of will. Of course the first consumptions are voluntary and at a more or less young age depending on the person, but when the disease sets in there is a loss of control, that is to say that despite the will, the person is unable not to consume when she decides. We are addicted if we are not able to stop consuming a psychoactive substance (alcohol, tobacco, cannabis, heroin, codeine, cocaine, etc.

On est addict si on n’est pas capable d’arrêter de consommer une substance psychoactive (alcool, tabac, cannabis, héroïne, codéine, cocaïne …) ou de pratiquer un comportement (jeu d’argent, jeu vidéo, sexualité) et que persistent des conséquences négatives (problème de santé physique ou psychique, conflits conjugaux, conséquences professionnelles, judicaires, financières…) et ce, pendant une durée minimum d’un an. On ne peut parler d’addiction s’il ne s’agit pas d’une substance psychoactive ou un comportement reconnu comme étant addictif.
Le déni de la maladie est un frein important car cette maladie commence par une substance qui procure du plaisir puis les conséquences négatives deviennent plus importantes. Initialement, le patient consomme pour se faire du bien, puis quand la maladie s’installe, il consomme pour ne pas être mal. »

« On est addict si on n’est pas capable d’arrêter de consommer une substance psychoactive ou de pratiquer un comportement »

F.J. : « Quels produits posent problème ? »

Sarah : « Les substances psychoactives (agissant sur le psychisme) sont susceptibles de provoquer une maladie addictive. Ces substances ont en commun de provoquer du plaisir de façon plus ou moins rapide selon la substance, la quantité consommée, la qualité (degré d’alcool par exemple) et le mode de consommation (fumé, ingéré, sniffé, injecté...). En premier lieu, l’alcool et le tabac sont les substances les plus consommées et sont les plus mortelles. La maladie addictive s’installe plus ou moins rapidement selon la substance et l’individu. La cocaïne et l’héroïne sont connues, par exemple, pour être des substances très addictogènes, c’est-à-dire que la maladie s’installe très rapidement (quelques semaines) comparativement à l’alcool (plusieurs années).
Chaque substance comporte ses risques licites ou illicites ; risque cardiaque (cocaïne) ou hépatique (alcool) ou pulmonaire (tabac) par exemple. Le cannabis (marijuana) est lui très répandu en étant la substance illicite la plus consommée. Il a l’image d’une « drogue light » parce que les conséquences sont lentes alors qu’il existe un réel risque psychiatrique, neurologique, ou pulmonaire…
Tout le monde ne devient pas addict. Il s’agit de la rencontre entre un produit avec ses propres facteurs de risques (risques médicaux, judiciaires…) et un individu avec ses propres facteurs de risques (génétique, santé physique, psychologique, âge…) dans un environnement particulier (copains qui consomment, conjoint, profession…).
L’image des substances sont souvent un frein à l’accès aux soins. L’alcool par exemple est vu comme une substance indispensable à la fête avec une image très positive pour laquelle il ne faut pas ressembler à « l’alcoolique » qui a une image très négative. Les personnes ayant un problème d’alcool ont alors du mal à consulter. »

« L’alcool est vu comme une substance indispensable à la fête avec une image très positive »

F.J. : « Quelle différence existe-t-il entre un patient qui est acteur dans sa maladie et celui qui est forcé de se soigner, contraint par son entourage ? »

Sarah : « Il est bien sûr de meilleur pronostic de consulter volontairement pour des motivations « intrinsèques » comme des inquiétudes pour sa santé et par les conséquences négatives de la consommation. Certains consultent sous la pression de leur famille, de leur employeur ou de la justice. C’est alors de moins bon pronostic, mais c’est une bonne opportunité pour rencontrer un médecin. Il est fondamental que l’entourage puisse mettre des limites qui vont aider le patient à trouver la motivation pour changer de comportement. Le patient change lorsque les conséquences négatives sont plus importantes que le plaisir procuré par la substance. Les limites imposées par la famille peuvent être un élément déclencheur positif pour provoquer les soins.

« Le patient change lorsque les conséquences négatives sont plus importantes que le plaisir procuré par la substance »

F.J. : « Peut-on dire que c’est à cause d’une souffrance psychologique, un besoin de plaisir, un déni, que le patient est devenu addictif à la drogue qu’il consomme, ou bien doit-on parler, chez le patient, d’un dysfonctionnement neurobiologique en tout premier lieu ? »

Sarah : « Il existe des facteurs de risques à devenir addict comme certains traits de personnalité (anxiété, impulsivité, intolérance à la frustration…) mais aussi certaines pathologies psychiatriques (la dépression, les troubles anxieux…). Les traumatismes (violences, abus sexuels …) sont des éléments favorisants très fréquents, notamment chez les femmes. Il y aurait des éléments génétiques qui favoriseraient l’installation de la maladie dans certaines familles sans qu’il existe aujourd’hui un gène de l’addiction. C’est la rencontre d’un produit sur un individu à risque qui va développer la maladie. »

F.J. : « Selon vous, qu’est-ce que le patient recherche dans le produit qui lui fait du bien ? »

Sarah : « Les substances psychoactives ont la particularité d’avoir un effet psychique notamment anxiolytique ce qui procure aussi beaucoup de plaisir et ceci très rapidement et favorise l’installation de la maladie. Ce sentiment de bien-être utilise les mêmes circuits dans le cerveau que le plaisir que l’on peut avoir en se faisant du bien en mangeant, en faisant du sport ou en ayant toute activité qui procure du plaisir. Souvent les patients cherchent à apaiser un mal-être, à se détendre artificiellement ou à s’endormir rapidement par exemple.
) or practicing a behavior (gambling, video game, sexuality) and that negative consequences persist (physical or mental health problem, marital conflicts, professional, legal, financial consequences, etc.) for a minimum period of one year. We cannot speak of addiction if it is not a psychoactive substance or a behavior recognized as being addictive.
The denial of the disease is a major brake because this disease begins with a substance that provides pleasure and then the negative consequences become more important. Initially, the patient consumes to feel good, then when the disease sets in, he consumes to avoid harm. »

“One is addicted if one is unable to stop using a psychoactive substance or practicing a behavior”

F.J.: “Which products are problematic? »

Sarah: “Psychoactive substances (acting on the psyche) have the potential to cause an addictive disease. These substances have in common to cause pleasure more or less quickly depending on the substance, the quantity consumed, the quality (degree of alcohol for example) and the mode of consumption (smoked, ingested, snorted, injected, etc.) . First, alcohol and tobacco are the most commonly used substances and are the most deadly. The addictive disease sets in more or less quickly depending on the substance and the individual. Cocaine and heroin are known, for example, to be very addictive substances, i.e. the disease sets in very quickly (a few weeks) compared to alcohol (several years).
Each substance has its legal or illegal risks; cardiac (cocaine) or hepatic (alcohol) or pulmonary (tobacco) risk for example. Cannabis (marijuana) is very widespread, being the most consumed illicit substance. It has the image of a "light drug" because the consequences are slow while there is a real psychiatric, neurological, or pulmonary risk...
Not everyone becomes addicted. This is the encounter between a product with its own risk factors (medical, legal risks, etc.) and an individual with its own risk factors (genetics, physical and psychological health, age, etc.) in a particular environment (friends who consume, spouse, profession, etc.). The image of substances is often a barrier to access to care. Alcohol, for example, is seen as a party-necessary substance with a very positive image for which one should not look like the "alcoholic" who has a very negative image. People with an alcohol problem then find it difficult to consult. »

"Alcohol is seen as a party essential with a very positive image"

F.J.: "What difference is there between a patient who is an actor in his illness and one who is forced to treat himself, constrained by his entourage? »

Sarah: "It is of course better prognosis to consult voluntarily for 'intrinsic' motivations such as concerns for one's health and by the negative consequences of substance use. Some consult under pressure from their family, their employer or the courts. It is then a less good prognosis, but it is a good opportunity to meet a doctor. It is fundamental that the entourage can set limits that will help the patient find the motivation to change his behavior. The patient changes when the negative consequences outweigh the pleasure from the substance. Limits imposed by the family can be a positive trigger for inducing care.

"The patient changes when the negative consequences outweigh the pleasure of the substance"

FJ: "Can we say that it is because of psychological suffering, a need for pleasure, a denial, that the patient has become addicted to the drug he is consuming, or should we speak, in the patient, of a neurobiological dysfunction in the first place? »

Sarah: “There are risk factors for becoming an addict such as certain personality traits (anxiety, impulsivity, intolerance to frustration…) but also certain psychiatric pathologies (depression, anxiety disorders…). Trauma (violence, sexual abuse, etc.) are very frequent contributing factors, especially among women. There would be genetic elements that would favor the installation of the disease in certain families without there being an addiction gene today. It is the encounter of a product on an individual at risk who will develop the disease. »

F.J.: “What do you think the patient is looking for in the product that makes them feel good? »

Sarah: “Psychoactive substances have the particularity of having a psychological effect, in particular anxiolytic, which also provides a lot of pleasure and this very quickly and promotes the onset of the disease. This feeling of well-being uses the same circuits in the brain as the pleasure that one can have by doing good by eating, by playing sports or by having any activity that gives pleasure. Patients often seek to soothe discomfort, to relax artificially or to fall asleep quickly, for example.

« Aujourd’hui, tout est fait pour que l’on en devienne addict »"Today, everything is done so that we become addicted to it"




 »

F.J. : « En quoi est-ce si important de comprendre ceci dans la période de sevrage - arrêt des consommations ? »

Sarah : « Arrêter de consommer c’est bien sûr faire en sorte que les conséquences négatives s’arrêtent mais c’est aussi renoncer au plaisir procurer par les consommations. Enclencher l’arrêt est souvent très dur car en plus des signes de sevrages désagréables s’ajoutent des fortes envies auxquelles il est difficile de dire non. »

« Arrêter de consommer c’est renoncer au plaisir procuré par les consommations »

F.J. : « Vous qui êtes addictologue spécialisée en périnatalité, parlez-nous de ce que les patientes trouvent comme plaisir en consommant et pourquoi elles veulent être sevrées. »

Sarah :« Les femmes consomment moins que les hommes (sauf pour les médicaments) mais elles ne sont pas épargnées par la maladie addictive. Elles consomment souvent en solitaire pour apaiser une souffrance psychologique alors que les hommes sont plus souvent en groupe dans un contexte festif. Les femmes sont très culpabilisées de leurs consommations ce qui les freinent à consulter. La grossesse est souvent un très fort accélérateur pour changer de comportement et notamment pour arrêter de consommer le tabac et l’alcool. Malheureusement, pour certaines, la maladie addictive ne s’arrête pas lorsqu’elles sont enceintes. Il est essentiel d’arrêter de consommer quand on a un projet de grossesse et non d’attendre d’être enceinte. »

F.J. : « Sur quoi l’addiction agit, mis à part la santé physique ? Qu’en est-il de la santé psychique et sociale du patient ? »

Sarah : « La maladie addictive agit sur toute la vie du sujet sur le plan de la santé physique psychique mais aussi sur le plan social. Toutes les substances psychoactives sont dépressogènes (qui favorisent la dépression) et anxiogènes (qui favorisent des troubles anxieux). La consommation de substance peut engendrer des conséquences au travail, à la maison, mais aussi financières. »

F.J. : « Le craving ou l’envie irrésistible de consommer, comment traiter ce genre de comportement qui, souvent, peut rester un problème, même après le sevrage ? »

Sarah : « Le craving va persister plusieurs années après l’arrêt, ou même pendant toute la vie du sujet. Il s’agit d’un temps court qu’il faut apprendre à gérer sans succomber à l’envie pour qu’il soit plus court. Comme on apprend à gérer une crise d’angoisse, il est nécessaire d’apprendre à avoir un « plan d’urgence » personnalisé pour éviter de consommer. »

F.J. : « Existe-t-il des niveaux d’addiction, selon les patients ? »

Sarah : « On parle de trouble de l’usage de modéré à sévère selon l’importance des conséquences de la consommation. »

F.J. : « Comment se compose l’évaluation clinique de vos patients ? »

Sarah : « On évaluera le sujet avec ses particularités (sexe, âge, profession, antécédents…) qui consomme un produit avec ses spécificités (légale, santé, prix…) et les conséquences actuelles de ces consommations. »

F.J. : « De quelle manière aidez-vous vos patients ? S ‘agit-il de la même thérapie pour un fumeur de tabac, un alcoolique, un cracker ? »

Sarah : « Il faut évaluer chaque situation spécifiquement. Il existe des similarités mais nous avons des éléments à rechercher en fonction de l’addiction. Chaque substance a ses particularités. Pour chaque patient il faut évaluer la motivation et mettre en place une psychothérapie personnalisée. »

F.J. : « Comment donnez-vous envie à vos patients d’arrêter ? »

Sarah : « Chaque patient a ses propres raisons de changer, nous l’aidons à les verbaliser et surtout nous essayons de travailler sur les idées reçues qui sont des pensées permissives comme « l’alcool m’aide à dormir » ou « le tabac le détend ». »

F.J. : « Les femmes enceintes qui arrivent en maternité ont un laps de temps très court pour arrêter de consommer des substances. Qu’est-ce qui les motive ? Les effets graves sur leur santé et celle de leur bébé ne suffisent pas. Comment parvenez-vous à gagner leur confiance ? » Sarah : « L’idéal est bien sûr de s’occuper de leurs problèmes d’addiction avant d’être enceinte. Les femmes enceintes ont comme motivation principale la santé de leur enfant. Pour certaines, l’addiction est tellement forte que la grossesse ne suffit pas à les aider. Elles sont alors souvent polyconsommatrices et très craintives de parler de leurs pratiques. Il faut rechercher ces consommations de façon systématique, les aider à en parler et surtout être très disponible pour mettre en place des mesures spéciales en urgence. L’alcool reste la substance la plus dangereuse quel que soit la dose pour l’enfant à naitre. »

« Aujourd’hui, tout est fait pour que l’on en devienne addict »

F.J. : « En général, à quel moment le patient se décide-il à arrêter ? »

Sarah : « Le patient consulte quand il prend conscience que la consommation est devenue plus un problème qu’une solution. »

F.J. : « Quelle est la différence entre une addiction et une pulsion ? Peut-on devenir addict à des choses qui, à première vue, ne semblent pas néfastes ? » Sarah : « Une pulsion est un terme psychanalytique pour caractériser une force à la limite de l'organique et du psychique qui pousse le sujet à accomplir une action dans le but de résoudre une tension venant de l'organisme.
»

F.J.: "Why is it so important to understand this in the period of withdrawal - quitting? »

Sarah: "To stop using is of course to make sure that the negative consequences stop but it is also to give up the pleasure provided by consumption. Initiating the stop is often very hard because in addition to the unpleasant withdrawal signs are added strong desires to which it is difficult to say no. »

"To stop consuming is to renounce the pleasure provided by consumption"

F.J.: "You who are an addictologist specializing in perinatality, tell us about what patients find pleasure in using and why they want to be weaned. »

Sarah: "Women consume less than men (except for drugs) but they are not spared from the addictive disease. They often drink alone to soothe psychological suffering, while the men are more often in a group in a festive context. Women are very guilty of their consumption, which hinders them from consulting. Pregnancy is often a very strong accelerator to change behavior and in particular to stop consuming tobacco and alcohol. Unfortunately, for some, the addictive disease does not end when they are pregnant. It is essential to stop using when you have a pregnancy project and not to wait to be pregnant. »

F.J.: “What does the addiction affect, besides physical health? What about the mental and social health of the patient? »

Sarah: "The addictive disease affects the subject's entire life in terms of mental physical health but also socially. All psychoactive substances are depressogenic (which promote depression) and anxiogenic (which promote anxiety disorders). Substance use can have consequences at work, at home, but also financially. »

F.J.: "The craving or the irresistible urge to consume, how to deal with this kind of behavior which often can remain a problem, even after withdrawal? »

Sarah: "The craving will persist for many years after quitting, or even for the subject's lifetime. It is a short time that you have to learn to manage without succumbing to the urge to make it shorter. As one learns to manage an anxiety attack, it is necessary to learn to have a personalized "emergency plan" to avoid using. »

F.J.: “Are there levels of addiction, according to the patients? »

Sarah: “We talk about moderate to severe use disorder depending on the severity of the consequences of use. »

F.J.: “How is the clinical assessment of your patients composed? »

Sarah: "We will evaluate the subject with its particularities (sex, age, profession, background...) who consumes a product with its specificities (legal, health, price...) and the current consequences of these consumptions. »

F.J.: “How do you help your patients? Is it the same therapy for a tobacco smoker, an alcoholic, a cracker? »

Sarah: “You have to assess each situation specifically. There are similarities but we have things to look for depending on the addiction. Each substance has its peculiarities. For each patient, it is necessary to assess the motivation and set up a personalized psychotherapy. »

F.J.: “How do you get your patients to quit? »

Sarah: "Each patient has their own reasons for changing, we help them to verbalize them and above all we try to work on the received ideas which are permissive thoughts like "alcohol helps me sleep" or "tobacco relax". »

F.J.: “Pregnant women who arrive in the maternity ward have a very short period of time to stop using substances. What motivates them? Serious effects on their health and that of their baby are not enough. How do you manage to gain their trust? »

Sarah: “The ideal is of course to deal with their addiction problems before they get pregnant. Pregnant women have the health of their child as their main motivation. For some, the addiction is so strong that pregnancy is not enough to help them. They are therefore often polyconsumers and very afraid to talk about their practices. It is necessary to research these consumptions in a systematic way, to help them to speak about it and especially to be very available to set up special measures in emergency. Alcohol remains the most dangerous substance whatever the dose for the unborn child. »

"Today, everything is done so that we become addicted to it"

F.J.: “In general, when does the patient decide to quit? »

Sarah: “The patient consults when he realizes that substance use has become more of a problem than a solution. »

F.J.: “What is the difference between an addiction and an urge? Can we become addicted to things that, at first glance, do not seem harmful? »

Sarah: “An impulse is a psychoanalytical term to characterize a force at the limit of the organic and the psychic which pushes the subject to perform an action in order to resolve a tension coming from the organism.

Une consommation vient souvent après une pulsion. Lorsqu’un comportement occupe toute la vie du sujet il peut devenir addiction. Aujourd’hui notamment avec les nouvelles technologies comme les smartphones, tout est fait pour que l’on en devienne addict. »

Propos recueillis par Fréquence Juive.

Sarah Coscas

- Psychiatre addictologue à l’Hôpital Paul-Brousse AP-HP à Paris
- Responsable de l’unité d’hospitalisation pour le sevrage complexe à l’hôpital Paul Brousse à Villejuif
- Médecin responsable de la mission FIDES
- Vice-présidente du groupe d’étude grossesse et addiction GEGA .
A consumption often comes after an urge. When a behavior occupies the whole life of the subject, he can become addictive.

Comments collected by Jewish Frequency.

Sarah Coscas

- Addiction psychiatrist at the Paul-Brousse AP-HP Hospital in Paris
- Head of the hospitalization unit for complex weaning at the Paul Brousse hospital in Villejuif
- Doctor in charge of the FIDES mission
- Vice-president of the pregnancy and addiction study group GEGA

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