Fréquence Juive Magazine

L’homme fut créé à Roch Hachana. Et c’est en ce jour qu’il peut renaître. Nous avons la capacité en ce jour d’atteindre quasiment le même niveau que celui d’Adam Harichone avant la faute originelle !
Et c’est alors que nous pouvons procéder à de réelles transformations de notre personnalité.

Le Pélé Yoèts écrit bien que la différence qui existe entre les jours de l’année et ces jours de Téchouva est la même que celle qui oppose les ténèbres à l’obscurité !

C’est pourquoi il convient de veiller à nos actes, à nos paroles et même à nos pensées en ce grand jour. On évitera à tout prix, comme nous l’avons dit, la colère, la médisance ou la tristesse. On concentrera au contraire notre esprit et nos efforts vers des objectifs spirituels afin d’orienter l’année à venir dans le même sens.

Il y a quelques dizaines d’années, dans une petite ville, les juifs avaient l'habitude, à l’approche de la fête de Souccot, d’acheter des branches de myrte que les non-juifs vendaient au marché, pour recouvrir leur Soucca. Une année, ces derniers se mirent d’accord pour augmenter de concert les prix des branches, conscients de l’importance qu’elles revêtaient pour les juifs.

Les juifs, au vu des prix exorbitants pratiqués sur le marché, se consultèrent et décidèrent de s’approvisionner d’une autre sorte de branches pour la fête. Mais avant cela, ils souhaitèrent tout de même demander l’avis du Rav de leur ville, un homme d’une grande piété. Après avoir écouté leurs doléances, le Rav répondit :

« Vous avez tout à fait raison, les prix sont bien trop élevés, il vaut mieux utiliser d’autres branches. Pourtant, quelque chose me taraude. Je ne parviens pas à comprendre où vous trouvez la disponibilité d’esprit pour vous occuper de ce genre de choses… Croyez-moi, même dans les conditions matérielles précaires qui sont les miennes, s’il m’arrivait de trouver dans la rue une bourse pleine d’argent, il ne me viendrait même pas à l’esprit de la ramasser, tant je suis absorbé par l’atmosphère de ces jours ! »

Evidemment, il s’agit là d’un niveau très élevé de piété. Si pour votre part vous trouvez une bourse d’argent entre Yom Kippour et Souccot, ramassez-la, il n’y a pas de problème. Mais cette histoire nous enseigne tout de même l’importance cruciale de ces jours. Sachons les exploiter comme il se doit !

Accorder de la valeurs


La Guémara (Roch Hachana, 16b) explique que durant Roch Hachana et Yom Kippour, trois livres sont ouverts devant Hachem : celui de la vie, où sont inscrits les Justes, celui de la mort, où sont inscrits les mécréants, et un livre intermédiaire, où sont inscrits ceux qui se trouvent quelque part entre les deux catégories… Pourtant, nombre de commentateurs s’interrogent : comment affirmer que les Justes sont inscrits dans le livre de la vie et les mécréants dans celui de la mort alors que dans la réalité, c’est souvent le contraire qui se produit ? Ne connaissez-vous pas de gens intègres qui meurent jeunes ou de manière tragique ? N’avez-vous jamais vu de gens mauvais qui méritent la longévité ? Comment dès lors comprendre cette affirmation de la Guémara ? Tentons de répondre à ces questions.

Une récompense ? Pas dans ce monde-çi…


En réalité, le jugement dont il est question ici ne porte pas, répondent les Tossefot, sur notre condition au sein de ce bas monde. Le jugement prononcé à Roch Hachana et à Yom Kippour concerne en fait notre condition au monde futur. Car il faut bien comprendre que pour Hachem, l’essentiel n’est pas d’accorder à l’homme la santé ou la réussite dans ce monde. Certes, c’est important, mais là n’est pas l’essentiel. Ces éléments qui constituent l’environnement de l’homme dans ce monde sont semblables à des conditions de travail qu’Hachem lui accorde afin de l’aider à mener à bien sa mission ; mais ils ne sauraient être considérés comme la récompense à proprement parler pour ses bonnes actions.

C’est pourquoi la récompense qui nous est réservée pour nos bonnes actions est bien spirituelle et non matérielle. Ainsi, lorsque nos Sages affirment que les Justes sont inscrits dans le livre de la vie et que les mécréants sont inscrits dans le livre de la mort, il ne s’agit de rien d’autre que de notions spirituelles. La vie et la mort dont il est question ici concernent notre condition dans le monde futur et non pas de celle de notre existence ici-bas. C’est pourquoi il existe des Justes qui souffrent et des mécréants à qui tout semble sourire. La juste rétribution de leurs actes leur sera accordée dans l’autre monde.

Tout est relatif


Pourtant, une question subsiste encore. Si Hachem fixe nos conditions de travail en fonction de notre niveau spirituel, comment expliquer que d’authentiques Justes mènent une existence jonchée d’épreuves tandis que d’autres, fort éloignés de la Torah, jouissent de tous les bienfaits du monde ? On se serait attendu à ce qu’Hachem facilite l’existence des Justes afin de leur permettre d’accomplir la Torah en toute quiétude… Comment cela fonctionne-t-il ?

Pour mieux comprendre, nous rapporterons le récit suivant raconté par le Rav Pin’has Young de Londres (cette histoire est également mentionnée dans le livre « Sipour Léchabbath » du célèbre écrivain israélien Yaïr Weinstok).

« Un jour, une épidémie mortelle éclata au sein d’une communauté dans la ville d’Ostrog, en Ukraine. Le Rav de la ville, un Tsadik authentique, décréta un jour de jeûne et de prières afin d’endiguer l’épidémie. Tous les membres de la communauté se conformèrent aux directives de leur Rav et se rendirent à la synagogue. Pourtant, un certain homme de la communauté se fit remarquer par son absence. Il s’agissait d’un homme certes pieux, mais aux habitudes quelque peu étranges. Il n’apparaissait que rarement en public et ne prenait jamais la parole. Le Rav décida de mener son enquête et dépêcha deux personnes afin de guetter l’homme en question et d’élucider le mystère de son étrange absence.
Au bout de quelques jours, les deux personnes revinrent vers le Rav avec de nouveaux éléments : l’homme menait dans la journée une vie normale.

L’importance de ces jours Le rendez-vous à ne pas manquer Trois livres sont ouverts devant Hachem  La spiritualité est ce qui constitue l’essentiel aux yeux d’Hachem.




Il se comportait en bon juif en tout point. Pourtant, chaque soir vers minuit, il s’adonnait à un rituel singulier : il sortait de chez lui pour se rendre seul dans la forêt avoisinante. Les deux personnes n’ayant pas eu le courage de l’y suivre, le Rav décida de se rendre en personne sur les lieux afin de comprendre le pourquoi de la chose. La nuit suivante donc, voici que le Rav et ses assistants guettèrent l’homme et, l’ayant aperçu sortir de chez lui à minuit, ainsi qu’il en avait l’habitude, ils suivirent ses traces et s’enfoncèrent dans la profondeur de la forêt. C’est alors qu’ils assistèrent à un spectacle pour le moins étrange : l’homme prit place sur le sol, alluma deux bougies et se mit à pleurer amèrement la destruction du Beth Hamikdach. Une seconde voix, dont on ignorait la provenance, semblait se joindre à celle de l’homme.
Après que l’homme eut fini, le Rav l’accosta en s’inclinant, lui témoignant tous les honneurs dus à un Tsadik de son envergure et lui demandant pardon pour l’avoir soupçonné de se soustraire à la communauté. Puis il lui posa trois questions : quelle était la raison de l’épidémie qui s’était abattue sur la ville ? Pourquoi lui-même ne s’était-il pas joint au reste de la communauté ? Enfin, quelle était cette voix qui l’accompagnait dans ses supplications ? Après beaucoup d’hésitations, l’homme consentit à répondre à la troisième question : la voix qui l’accompagnait, c’était celle de Yirméyahou Hanavi qui venait prier avec lui sur la destruction du Beth Hamikdach. Il demanda au Rav de convoquer toute la communauté à la synagogue le surlendemain afin de répondre aux deux autres questions.
Deux jours après, sur ordre du Rav, tous les juifs de la ville se rendirent donc à la synagogue pour l’office du matin. Voyant que l’homme tardait à venir, ils débutèrent la prière. Soudain, l’homme fit son apparition dans la synagogue. Il était orné de Téfilines. En l’apercevant, tous les fidèles furent saisis d’une crainte indescriptible. Certains même perdirent connaissance. Après l’office, le Rav s’avança vers l’homme et l’interrogea : que signifiait tout cela ? L’homme cita alors le verset de Dévarim (28, 10) : « Et tous les peuples de la terre verront que le Nom de D.ieu est associé au tien et ils te craindront », verset qui fait référence au port des Téfilines. C’était, ajouta-t-il, la raison pour laquelle les membres de la communauté avaient ressenti une telle crainte en le voyant.
Mais le Rav continua à l’interroger : « Nous tous ici portons les Téfilines, pourtant aucun de nous n’inspire aux autres une telle crainte ! » « C’est exact, répondit l’homme. Mais l’impact d’une Mitsva dépend de notre investissement pour elle. Pour ma part, je suis extrêmement scrupuleux dans l’accomplissement de la Mitsva des Téfilines. Je veille à ne jamais prononcer de parole profane ni avoir de pensée étrangère lorsque je les porte. En retour, celles-ci diffusent toute la Kédoucha dont elles sont investies. Il en est de même de la Kédoucha d’un lieu de prières. Nos Sages enseignent que la sainteté des synagogues et des lieux d’étude protège des épidémies. Mais cette promesse ne se réalise que dans la mesure où nous respectons réellement ces lieux ! Or, ici, les fidèles se permettent de bavarder sur des sujets profanes pendant la prière. Ils ne témoignent pas envers ce lieu tout le respect qui lui est dû. La synagogue en retour ne peut irradier de toute sa sainteté et protéger la communauté. C’est pourquoi une telle épidémie s’est abattue sur notre ville, et c’est pourquoi je n’ai pas souhaité me joindre aux Téfilot prononcées en ce lieu ».

On récolte ce que l’on sème…


Si nous rapportons cette histoire, c’est parce que le même principe de réciprocité s’applique à tous les autres domaines. Certains s’interrogent par exemple de savoir pourquoi le Chabbath qu’ils observent ne leur octroie pas la bénédiction qui est censée accompagner ceux qui le respectent. Ils observent Chabbath, certes, mais dans quelles conditions ? Si le Chabbath est une journée marquée par la tristesse, la colère ou le stress, alors on est passé à côté de l’essentiel, qui est la sainteté du Chabbath. A son tour, le Chabbath n’octroiera pas toutes les bénédictions qu’il renferme…

C’est pourquoi Hachem, au moment de décider des conditions de travail à accorder à chacun, doit au préalable se pencher sur notre niveau spirituel, c’est-à-dire sur notre degré d’investissement dans la Avodat Hachem. Le niveau de protection, de réussite, de bénédiction, de santé etc., dont nous bénéficierons pour l’année à venir dépendra de notre investissement spirituel dans des domaines aussi variés que la prière, la Tsniout, le Chabbath, la Cacheroute etc.

Ainsi, à Roch Hachana et à Yom Kippour, D.ieu nous évalue en fonction de notre niveau spirituel présent. Si nous devions quitter ce monde en cet instant, quelle serait notre place dans le monde futur ? C’est pourquoi, à l’approche de ces dates cruciales pour chaque juif, il convient de marquer un temps d’arrêt pour nous poser les questions vraiment essentielles : quelle importance donnons-nous à la prière, à l’étude, à la Avodat Hachem ? Où en sommes-nous dans l’observance du Chabbath, des lois de la Tsniout et de la Cacheroute ? Une vraie réflexion dans ce domaine et des bonnes résolutions pour l’avenir aura le pouvoir de faire pencher la balance du bon côté !

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Textes extraits du livre « Les Fêtes Juives » écrit par le Rav Abergel, en vente sur le site Torah-box.com et Judaicstore.com .

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