Fréquence Juive Magazine

Mais qui est-elle vraiment ? Mère de 7 enfants, dévouée à sa famille, fondatrice et Designer de la marque Bisou Bisou. «Le travail ne m’a pas empêché de grandir, bien au contraire, enceinte je suis encore plus créative. Aller de l’avant et ne jamais s’arrêter, telle est ma devise. Les enfants, mon mari, ma famille ont toujours été mes priorités."

Fréquence Juive : Dans un premier temps, parlez-nous de votre enfance, votre jeunesse, vos origines. Michèle : « D’origine française, née à Fez au Maroc, j’ai grandi à Casablanca dans un milieu juif traditionnaliste, avec beaucoup de chaleur et d’amour. Très jeune, je me sentais différente avec un trait de caractère très indépendant, emprunt de rébellion et qui ne correspondait pas avec la société marocaine à laquelle j’appartenais. Je n’étais pas celle qu’on voulait que je sois. À l’âge de 15 ans, je m’achetais une moto grâce à mon job. Je donnais des cours de mathématiques et j étais très populaire. Ma famille ne l’apprit de la bouche de mon frère que quelques années plus tard. Je voulais toujours avoir un jardin secret ou mon imagination pourrait s’exprimer et se réaliser de manière créative. J’allais dans les « Derbes » (genre de souk) pour acheter des vêtements de l’armée Américaine.

Je voulais avoir mon propre style et surtout être différente des autres au désespoir de mes parents. À cette époque, au Maroc, nous n’avions pas de beaux magasins, alors ma mère voyageait deux fois par an en France et refaisait toute sa garde robe. Je devins sa styliste car je lui mélangeais toutes ses tenues coordonnées ainsi que les couleurs et les tissus. Si elle revenait avec 15 tenues, je lui en faisais 50. Elle essayait tout, infatigable ! Ma mère.... je me souviens de ces moments où nous avions de sérieuses conversations, où je me fâchais presque et voulais faire d’elle une leader de mode dans son cercle d’amies… C’est en faisant le film de notre vie que nous nous rendons compte que tout était prévu et que nos vocations et nos choix viennent en général de notre enfance.» FJ: Votre premier job ? On en parle ? Michèle : « Prof particulier de math et d’anglais. J’avais 15 ans. Je me baladais en moto. Dans mon style kamikaze, je faisais partie d’une bande de motards, genre garçon manqué. » F.J. : Quels sont vos plus beaux souvenirs ? Michèle : Petite fille, j’arrangeais les ourlets des vêtements de ma mère, j’habillais et cousais des nouvelles tenues pour mes poupées, j avais reçu une très belle boîte à couture d’aiguilles et de fils colorés. Souvent il m’arrivait de redécorer les chambres de mes amies, je transformais leur univers en changeant la disposition des meubles, j avais déjà ce goût très marqué pour la décoration. FJ: Emouna, religion, spiritualité ? Dans quel ordre mettez-vous tout cela ? Michèle : « La emouna, la confiance en l’avenir, le courage, tout cela prend sa source dans la propre confiance en soi et dans l’estime de soi même. La certitude qu’une force plus grande et lumineuse nous protège à chaque instant et nous guide. Le fait de ne jamais se sentir seul(e) nous donne une certaine liberté dans laquelle la peur et le doute n’existent pas. C’est ça la Emouna pour moi...et elle se vit à chaque moment et à chaque acte. La Techouva, je la pratique tous les jours. C’est un travail permanent. La pratique de la religion, c’est la manière physique de montrer à Hachem qu’Il est notre souverain et le Roi de tous les univers. Il ne faux pas confondre spiritualité et religion. Pour moi, ce sont deux choses différentes. Lorsque l’on se sent connecté à une dimension plus grande que nous-même, il est impossible que l’on puisse dénier ou diminuer l’existence de D. et de Ses pouvoirs. Plus nous sommes connectés et plus nous recevons des signes et devenons conscients de Sa magie et Sa force. Ça, c’est la spiritualité. La spiritualité prend sa source dans la métaphysique, et la religion dans la matérialité, c’est tout autre chose. La religion est faite de lois et de traditions. Elle nous permet de bien vivre en communauté et de respecter notre histoire en faisant honneur à Hachem. Quand les deux tendances se rejoignent, on atteint le Nirvâna Hahahahahah. » FJ: Depuis quand êtes-vous une yoguiste ? Quels en sont les bienfaits spirituels au point de vue personnel ? (PIC 4) Michèle : « Lorsque j’étais petite fille, je passais un temps fou cachée sous mon lit, sans que personne ne le sache, dans le seul et unique but de réfléchir, à quoi, je ne saurais vraiment l’expliquer, mais ce qui est sûr, c’est que je communiquais avec moi-même.

« On cherche Hachem mais il est en Nous! »




À l’heure actuelle, peu de gens prennent le temps de méditer mais je pense que cette communication est indispensable. Le monde devient fou mais parler à sa flamme, à son étincelle, c’est finalement parler à Hachem. Le yoga, c’est mon tikoun, l’expression la plus profonde de ma spiritualité. Grâce au yoga, j’ai appris à ne pas juger, à ne pas comparer, à exister. Les bienfaits de ma méditation – qui n’est autre que l’hitbodedut de rabbi Nahman -, sont nombreux. La confiance en soi et en l’avenir, la foi, la paix intérieure, le sentiment de sécurité et de courage sont les éléments essentiels d’une personnalité positive et joyeuse.» FJ: Vous qui représentez la réussite, comment s’est passée votre arrivée à L.A. ? Vos expériences, vos défaites, vos conseils, nous voulons tout savoir ! Allez-y c’est à vous. Michèle : « Je vivais en France, lorsque j’étais jeune mariée ; l’antisémitisme avait déjà atteint le niveau des attaques terroristes en pleine rue. Ce fut un déclic le jour ou je fus témoin de l’agression d’un de mes proches en plein Paris. Vivre dans la peur et la crainte, ce n’était plus possible, surtout avec des enfants. En 1987, malgré nos situations professionnelles prospères, nous décidâmes de nous installer en Californie. Nos premières années à Los Angeles furent plus complexes que ce que nous avions imaginé. Sans la connaissance de l’américain, sans l’état d’esprit US, ni même la langue, 2 ans suffirent à mon mari pour se décourager et penser à rentrer en France auprès de sa famille. Mais pour moi, c’était hors de question. J’étais faite pour les USA et rien ni personne n’aurait pu s’y opposer. Déterminée et hyper positive, je créai ma propre ligne de vêtements, portant le nom français « Bisou Bisou ». Dans la vie, tout se prépare ! Les couleurs, les tissus, les lumières, mon mari et moi construisions ensemble, main dans la main, un empire familial. C’était notre force. En 1989, après trois ans de travail persistant, beaucoup de chance et de positivité, nos vêtements devinrent célèbres dans les boutiques américaines et les plus grands magasins. Aujourd’hui, la marque a été mise en sommeil mais ma passion pour la création ne s’arrête pas là. Le métier d’architecte designer est la continuité de mon expression artistique. Aujourd’hui, la construction et la décoration d’intérieur sont mes activités favorites. FJ: Adepte inconditionnelle de Rabbi Nah’man, quels ont été les bienfaits lorsque vous êtes allé en Ukraine ? Michèle : « Personnellement, j’ai toujours connu ma place. Mais le jour où je suis arrivée à Ouman, j’ai pleuré pendant longtemps, comme si je me libérais de toutes les âmes qui étaient en moi.

Lorsque je me suis recueillie sur sa tombe, j’ai compris, je n’avais plus de doutes, tout prenait un sens. Dans ce paysage idyllique, tout était réel. Je ressentais l’histoire, la Shoah. Les femmes, là-bas, étaient d’une gentillesse et d’une pureté inégalée. Pour moi, le langage de ce mouvement hassidique est le même que celui du yoga. La reconnexion, l’abstraction du physique, la purification, l’élévation, tout est là. Aujourd’hui, grâce à ce grand Tsadik, je me sens propre, réparée, purifiée, et plus proche dans la pratique du judaïsme. Mes états d’âmes, mon orgueil, mon ego, tout cela a disparu. J’y retourne assez régulièrement. C’est cette spiritualité qui m’a gardée intacte. » .

Recent Reviews

LA FÊTE DE 'HANOUKA

9.3

À l’approche de la fête de ‘Hanouka, commençons par expliquer l’essentiel des lois, à partir de ce que l’on a écrit les années précédentes, avec quelques ajouts. La fête de ‘Hanouka dure 8 jours, à partir du 25 Kislev comme nous l’expliquerons. Cette année 5779, le 25 Kislev tombera le lundi 3 décembre, nous allumerons donc la première lumière le dimanche 2 décembre, au soir.

Courrier des lecteurs

Nos Tsadikims

Nos Tsadikims

RABBI MOSHE AARON PINTO CHLITA

« In the place where there is no men, get up and be a man.» « À l’endroit il n’y a pas d’hommes, lève-toi et sois un homme.» (Pirkei Avot 2) Descendant de deux familles marocaines de Tsaddikim, Rabbi Moshe est le fils du Rabbin Yaacov Pinto Chlita (Rabbin de la synagogue Pinto Center à Los Angeles, depuis 1980) et de la sainte Rabbanit Dinah Abihssira (fille de Rabbi Meir Abihssira ZL’).

Nos Tsadikims

Notre rapport avec Hachem Rav Yossef Sitruk Zatsal

À l’approche de Roch Hachana, évoquons certaines des problématiques que nous avons à résoudre dans notre vie afin de nous préparer de manière optimale à ce grand jour. La principale d’entre elles étant celle de notre rapport avec Hachem.

Nos Tsadikims

Rabbi Shimon bar Yoh’aï

Le Tana (titre donné aux sages de l’époque de la Mishna) Rabbi Shim’on bar Yoh’aï, est né près de cinquante ans après la destruction du second Temple et faisait partie des 5 élèves restant du grand Tana Rabbi Akiva (après l’épidémie ayant causé la mort à 24000 de ses élèves, ce qui est d’ailleurs la raison du deuil que nous portons durant les 33 premiers jours du Omer).

Nos Tsadikims

Pensée juive Cours du Rav Sitruk : LA PAIX

Il est faux de croire que la paix se réduit au fait d’arrondir les angles ou encore de s’effacer pour l’autre ; car à force de concessions, on finit par ne plus exister. Or avec quelqu’un qui n’existe pas, vous ne pouvez pas être en désaccord. Ce que je préconise c’est plutôt de rechercher la valeur de l’autre. Les 24 000 élèves de Rabbi Akiva furent décimés parce qu’il ne s’honoraient pas mutuellement. Comment comprendre une telle tragédie ? Il s’agissait de géant de la Torah, comment pouvaient-ils se manquer de respect ? Comme expliquent nos sages, les élèves de Rabbi Akiva vivaient dans une telle proximité qu’ils en vinrent à ne plus sentir l’obligation de se respecter.

Nos Tsadikims

Rabbi Shimon bar Yohaï

Le Tana (titre donné aux sages de l’époque de la Mishna) Rabbi Shim’on bar Yoh’aï, est né près de cinquante ans après la destruction du second Temple et faisait partie des 5 élèves restant du grand Tana Rabbi Akiva (après l’épidémie ayant causé la mort à 24000 de ses élèves, ce qui est d’ailleurs la raison du deuil que nous portons durant les 33 premiers jours du Omer).

Nos Tsadikims

RABBI HAI TAIEB LO MET

Né dans une famille de rabbins en 1743, il se distingue dès son jeune âge par son savoir et son intelligence, érudit en Talmud et évoluant aisément dans l’étude du Zohar.