Fréquence Juive Magazine

L’une des raisons pour lesquelles nous séjournons dans la Soucca durant sept jours est la nécessité pour le juif de « s’exiler ». En effet, nos Sages expliquent que Roch Hachana puis Yom Kippour ont la capacité de laver l’homme de ses fautes ; cependant, certaines transgressions nécessitent un châtiment spécifique : l’exil. Hachem, dans Son infinie bonté, concrétise ce châtiment par un « exil » tout en douceur, c’est pourquoi nous quittons notre demeure durant sept jours pour séjourner dans une cabane précaire. Pourtant, et de manière tout à fait paradoxale, la Halakha stipule que le juif doit embellir sa Soucca de la meilleure façon possible. Il s’agit donc là d’une contradiction que nous allons tenter d’expliquer. By Rav Yossef-Haï Abergel

Une sécurité illusoire Lorsqu’à Souccot, Hachem nous demande de quitter notre domicile pour rejoindre la Soucca, il ne s’agit pas seulement de quitter des murs en béton ni un intérieur douillet au profit d’un refuge précaire. Il s’agit également d’abandonner la conception erronée, quoique fort répandue, que l’homme se fait de sa sécurité. Regardez autour de vous. Bien à l’abri derrière votre porte blindée et vos fenêtres dotées de barreaux, votre avenir financier assuré grâce à vos plans d’épargne et vos polices d’assurance : l’homme moderne se réfugie derrière une illusoire sensation de sécurité. En cas d’incident, il sait qu’il peut compter sur diverses stratégies d’intervention : appeler la police, les secours, son banquier, son assureur etc. Tous ces éléments confèrent à l’homme l’impression qu’il est à l’abri de la précarité ; si l’un d’eux fait défaut, il est en proie à l’incertitude… Pourtant, cette conception ne va pas de pair avec la vision de la Torah.

« Si D.ieu ne protège pas la ville, c’est en vain que son gardien la surveille », rappelle un verset dans les Téhilim (127, 1). Être conscient que tout vient d’Hachem Bien qu’il soit concevable, voire même souhaitable, que l’homme prenne les mesures nécessaires afin d’assurer sa sécurité, ses finances etc., il ne doit pas perdre de vue que ce ne sont pas ces éléments à proprement parler qui lui fournissent une protection, mais bien Hachem. Combien de personnes qui gagnaient honorablement leur vie ont-elles perdu leur fortune du jour au lendemain ? Combien de personnes qui jouissaient d’un statut social élevé se sont-elles vues réduites au plus bas de l’échelle ? Nos Sages ne s’y sont d’ailleurs pas trompés : lorsqu’ils rédigèrent le texte de la Amida, prière essentielle récitée trois fois par jour, ils firent débuter deux bénédictions, celle concernant la guérison et celle concernant la subsistance, par l’invocation du nom d’Hachem.

Des ustensiles de roi dans une cabane en bois Dans l’esprit du verset de Béchala’h (Chémot 16, 2) : « C’est mon D.ieu, je Le glorifie », selon lequel les Mitsvot doivent être accomplies avec tous les embellissements possibles, la Soucca doit être agrémentée autant que faire se peut. On y consommera des repas de fête dans les plus beaux ustensiles dont on dispose, en or ou en en argent si on en a.




En effet, ces deux domaines, la santé et la subsistance, mettent la foi de l’homme à rude épreuve. Contraint d’exercer un travail pour faire vivre sa famille et de faire appel aux médecins en cas de maladie, l’homme en vient souvent à oublier que son destin se trouve en réalité entre les mains de D.ieu. C’est là le message de la fête de Souccot, au cours de laquelle l’homme est invité à quitter le confort de son habitat pour séjourner dans une cabane au caractère précaire bien affirmé. C’est là toute la subtilité de l’optique de vie du judaïsme : faire notre part, tout en laissant à Hachem le soin de faire la Sienne. Une fois que l’homme a pris conscience que sa sécurité ne dépend pas d’éléments matériels mais se trouve entre les mains d’Hachem, il peut et doit avoir alors recours à ces éléments matériels afin de les mettre au service d’Hachem.



La matérialité s’en trouve ainsi sublimée : mise au service du divin, elle assure l’élévation morale et spirituelle de l’homme. Le juif qui, à Souccot, est confortablement installé dans sa Soucca précaire autour d’une table richement garnie en l’honneur de D.ieu, accomplit précisément le but de l’homme dans ce monde : il s’en remet à D.ieu et Le célèbre par le biais de ce monde matériel. Lorsqu’à l’occasion de Souccot, nous comprenons que notre salut ne dépend pas d’éléments matériels et que nous plaçons plutôt notre confiance en D.ieu, nous ressentons une joie réelle et durable, qui nous accompagnera pour le reste de l’année ! (fin conclusion) ‘Hag Saméa’h ! .

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